Nous avons testé le Crédit Municipal (suite et fin)

Expérience globalement négative : prix non compétitifs, manque de transparence, non conformité à la législation, procédure fastidieuse.

"Chez ma Tante" au 55 rue des francs-bourgeois à Paris

En octobre 2012, nous avions testé la vente d’Or au Crédit Municipal de Paris (voir ici). De par sa mission de service public, cette institution ne peut pas acheter directement un objet en Or. L’interdiction est contournée de la façon suivante : une vente aux enchères publiques est possible après une période de trois mois de prêt sur gage (avec une avance en liquide). La vente n’est donc pas « directe » mais « différée ».

Nous étions fort surpris par cette pratique, sachant, d’une part, que l’achat d’Or n’entrait pas dans la mission première de service public du Crédit Municipal, d’autre part, qu’un paiement en liquide, déguisé en avance — l’engagement de vente étant signé dès la mise en gage (voir ici) — contrevenait à l’article L112-6 du Code monétaire et financier qui s’impose à tout rachat de métal précieux (voir ici, I 3e §).

Passé les trois mois, nous devions vous rendre compte du dénouement de l’opération et vérifier si le prix final encaissé était bien en deçà du prix du marché, comme nous l’avions évalué en octobre (voir graphique ici).

Début février, je reçois du Crédit Municipal de Paris un courrier signé par le directeur de l’Hôtel des ventes, monsieur René Saragosti (disponible ici) – par ailleurs responsable de Muniexpertise, la division expertise du Crédit Municipal –, m’informant que la vente des biens déposés en gage a permis de retirer un boni de 162,84 €. Avec l’avance de 360 € reçue en octobre (voir ici), nos trois napoléons pesant 19,3 grammes (entaillés afin de neutraliser leur valeur numismatique) rapportaient donc au total 522,84 €.

Ce même document donnait les instructions pour pouvoir toucher ce boni. Il n’était payable qu’en espèces et au guichet ! Dans un secteur où le règlement en espèces est interdit, se voir notifier par un établissement public que le règlement ne peut se faire qu’en liquide est pour le moins singulier. De plus, pourquoi faire venir les gens au siège, alors que l’envoi d’un chèque barré nominatif aurait été plus simple, économique et écologique? Chez GoldbyGold.com nous procédons ainsi.

Me voici donc rue des Francs-Bourgeois, en plein cœur du vieux Paris, avec une pièce d’identité et ma lettre, venu encaisser mon boni et surtout demander des détails sur la vente, car la lettre n’en fournissait aucun (voir ici). Après une attente et la numérisation de ma pièce d’identité (pourtant déjà scannée en octobre), on me dirige vers le guichet 34 où une charmante dame me règle le boni en espèces contre la signature d’un reçu dont on me laisse copie et qui détaille l’opération (voir ). J’apprends ainsi que :

-> les objets ont été vendus lors de l’adjudication du 4 février 2013 ;

-> le prix d’adjudication a été de 600 euros ;

-> le montant total des frais s’élève à 77,16 euros.

Dans notre article d’octobre, nous avions estimé un prix de vente final par le Crédit Municipal de 512 € net pour le vendeur, et si nous avons obtenu un peu plus, soit 523 €, cela reste nettement inférieur aux 679 € qu’aurait encaissés le vendeur en s’adressant à nos services (voir article du mois d’octobre ici). Il faut également préciser que si le prix de l’Or à Londres – référence mondiale du cours de l’Or – a baissé dans l’intervalle de 7 %, cela ne justifie pas la différence de valorisation nette de 33 %.

À mon retour, je me connecte sur le site du Crédit Municipal et télécharge les résultats de la vente de lots d’Or du 4 février 2013 (disponible ici) : 220 lots d’Or ont été vendus pour un total de 318 180 €. Je me rends tout d’abord sur la page des Conditions Générales de Vente pour découvrir que :

-> « Le poids n’est donné qu’à titre indicatif pour faciliter l’inspection de l’acquéreur potentiel et reste soumis à son appréciation personnelle, et ne peut faire l’objet d’aucune réclamation. » Les pesées doivent s’effectuer avec des balances homologuées, mais le consommateur ne peut donc pas requérir contre une éventuelle erreur ! Je pense que si nous, professionnels du rachat d’Or, ne garantissions pas les poids à nos clients, nous aurions – à juste titre – quelques soucis avec les services de contrôle de la DGCCRF…

-> « Les bijoux présentés à charge du contrôle sont OBLIGATOIREMENT BRISÉS après vente et sont vendus sans aucune garantie de titre. » Là encore, aucune garantie sur la teneur en Or n’est donnée à l’acheteur, alors que les bijoux ont été testés lors du prêt sur gage et expertisés par des professionnels contre rémunération. Cette condition est par ailleurs fiscalement importante à connaître, car elle signifie que les objets sont soumis à la taxe sur les métaux précieux de 8%.

-> Le dernier enchérisseur « devra acquitter en sus des enchères, les frais de 14,19 % TTC (non dégressifs). » Ajoutés aux 11 % de frais de vente, les frais totaux d’adjudication supportés par le vendeur s’élèvent, directement ou indirectement, à plus de 25 %.

-> « LA DÉLIVRANCE DES LOTS NE PEUT ÊTRE IMMÉDIATE MÊME EN CAS DE PAIEMENT EN ESPÈCE (jusqu’à 3 000 euros) ». Nous restons perplexes car, selon ce texte, le paiement en espèces est accepté jusqu’à 3 000 euros. Dans notre métier, les seules transactions traitées en liquide se passent dans les officines illégales. Alors apprendre qu’un établissement public, même communal, n’interdit pas de telles pratiques nous apparaît aberrant. Trouver une astuce juridique, par le biais d’un prêt sur gage couplé à un engagement de vente, pour fournir une somme en liquide est une chose, mais ne pas interdire de régler un achat d’Or en numéraire est choquant. L’Hôtel des ventes du Crédit Municipal de Paris est pourtant parfaitement au fait de la législation puisque, lorsqu’il organise des ventes pour les Domaines et non pour son propre compte, il est précisé en gras dans le catalogue pour chaque lot d’Or : « Paiement en numéraire interdit. Art. L.112-6 Code monétaire et financier. » (voir ici le catalogue des Domaines de la vente du 27 novembre 2012).

Fort de ces éléments, je parcours toutes les pages à la recherche de notre lot, mais ne trouve aucune référence « débris de pièces de monnaie » ou « débris d’Or ou de napoléon ». J’examine alors les lots qui ont été adjugés à 600 euros et en identifie trois, dont un du même poids que le lot gagé (lot N°8, page 4). Ô surprise ! je me rends compte que la dénomination du lot lors de l’établissement du prêt sur gage « 3 débris de pièces de Monnaie » (voir ici) est devenue « 3 pièces de monnaies de 20 FFR abimées ». Pourquoi ce changement ou, plus exactement, cet enjolivement ? Lors de l’obtention du prêt sur gage, les pièces, sur lesquelles un coup de pince coupante avait été donné (voir article du mois d’octobre ici et photo ), ont été qualifiées de « débris », ce qui est tout à fait approprié. Ce qui l’est moins, c’est lorsque le même établissement revend ces mêmes pièces comme simplement « abîmées». Je trouve cette pratique peu correcte envers l’acheteur qui est la plupart du temps un particulier non professionnel.

L’estimation a de quoi surprendre également, car le dernier cours connu du napoléon au moment de la vente était de 230 €, soit 690 € pour les trois pièces. Sachant qu’elles n’avaient plus aucune valeur numismatique, leur prix ne pouvait être basé que sur la valeur de l’Or contenu, soit 677 € (sur la base du dernier cours connu lors de la vente, celui du 1er février 2013). Si on déduit de ce prix 14,19 % de frais non dégressifs pour l’acheteur, la valeur marchande de ces pièces était de 581 €. Pourquoi alors les estimer à 600/800 €, ce qui risque d’induire en erreur le non-professionnel ?

D’ailleurs, la valeur de ces trois pièces, au cours du napoléon, se situait le jour de la vente à 690 €, moins les 14,19% de frais de vente, soit 592 € : un prix inféreieur à l’estimation basse faite par l’expert de la vente, alors que le vrai prix de ces pièces était au maximum celui de la valeur de l’Or contenu, soit, frais déduits, 581 €. L’enjolivement de la présentation et la surestimation du lot par le Crédit Municipal ont donc permis de vendre les pièces plus cher que leur vraie valeur.

Pas très éthique comme attitude, surtout pour un organisme public à vocation sociale…

Passons maintenant à l’étude des différents frais. Nous trouvons ceux payés par l’acheteur et ceux payés par le vendeur :

-> L’acheteur paye 14,19 % de frais sur le prix d’adjudication. Sur notre lot vendu à 600 euros, cela représente 85,14 €.

-> Le vendeur se voit déduire 11 % de frais de vente, soit 66 €, et un taux annuel de 6,30 % d’intérêt augmenté de 3 % de droits de garde, soit en tout 11,16 €.

Ainsi, sur une valorisation totale de 685,14 €, 162,30 €, soit près de 24 %, sont prélevés par le Crédit municipal (voir graphique). Le vendeur n’encaisse donc que 522,84 €, alors que s’il avait vendu le jour de la mise en gage de ces napoléons sur le site GoldbyGold.com il aurait obtenu 678,78 €, soit 30 % de plus !! (voir graphique du mois d’octobre ici).

Graphique final Vente CMP

Que rémunèrent ces frais ?

Sur le dernier rapport annuel du Crédit Municipal, celui de 2011 (disponible ici), il est précisé page 10 que « L’activité de vente aux enchères s’est également maintenue à un niveau élevé avec 14 millions d’euros d’adjudications sur l’année 2011 (+ 19 % par rapport à 2010) pour quelque 15 000 lots mis en vente. Elle a généré pour le Crédit Municipal de Paris un chiffre d’affaires de 2,8 M€, de nouveau sous l’effet marqué de la hausse du cours de l’Or sur la période, soit 19 % du produit net bancaire.»

Mais que constatons-nous en poussant nos recherches plus en avant ? Que la majorité des frais encaissés lors des ventes est rétrocédée aux commissaires-priseurs, comme le montre la délibération du Conseil de surveillance du Crédit Municipal disponible ici. En effet, plus de 12 % HT (près de 14,5 % TTC) du montant des ventes, soit plus de 50 % des frais encaissés par l’Hôtel des ventes, sont rétrocédés aux commissaires-priseurs – personnel externe au Crédit Municipal. Sur 2011, nous obtenons en moyenne plus de 110 euros (hors taxes) rétrocédés par coup de marteau. Pour ne pas avoir à aller chercher le vendeur, ni l’acheteur d’ailleurs et en bénéficiant des installations du Crédit Municipal cela fait une très belle somme pour animer la vente.

Enfin, l’aspect fiscal de l’opération ne laisse pas non plus de surprendre. Avant de clore notre analyse, nous nous sommes interrogés sur la Taxe Forfaitaire sur les Métaux Précieux. En effet, la vente de métaux précieux est assujettie à une taxe dont le taux est fixé à 8 % (7,5 % de contribution sociale généralisée et 0,5 % de contribution pour le remboursement de la dette sociale) pour les objets en métaux précieux, y compris les bijoux lorsqu’ils sont destinés à la fonte. Cette taxe doit être payée par le vendeur, sauf si un intermédiaire participe à la transaction. Un commissaire-priseur est précisément considéré comme un « intermédiaire transparent » par la loi. C’est donc lui qui est responsable du versement de l’impôt, même s’il est supporté par le vendeur (voir § 68 et 69 au bas de la page 16 ici). Or, en étudiant la vente effectuée par le Crédit Municipal, aucune trace de cette taxe ! D’ailleurs, au prix d’achat du lot, je ne vois pas comment une taxe de 48 euros (8 % du montant de la vente) pourrait être payée par l’établissement public. Même si elle était acquittée, le vendeur aurait dû en être informé car s’il peut prouver qu’il détient les objets en or depuis plus de 12 années, il pourrait être exonéré du paiement de cette taxe en optant pour le régime de droit commun des plus-values.

GoldbyGold.com, bien que n’étant pas collecteur de la taxe, considère devoir à ses client une information claire et loyale sur la fiscalité applicable à l’opération quelle que soit sa complexité apparente (voir article 4 de nos CGV ici). Ainsi, la quasi-totalité de nos clients nous donne mandat pour le faire, ce qui prouve que le consommateur averti ne rechigne pas à la payer.

Au Crédit Municipal, rien de tout cela. Pas de trace de cette taxe, pas un mot sur la fiscalité et ses différentes options, rien ! Une vraie concurrence déloyale opérée par le Crédit Municipal. D’ailleurs, nous nous posons la question sur la légalité d’une telle pratique. Affaire à suivre…

En résumé, il ressort de cette expérience de vente d’Or au Crédit Municipal de Paris que :

-> les prix ne sont pas compétitifs : les prix obtenus auprès d’acteurs spécialisés dans le rachat d’Or sont nettement plus compétitifs, de  l’ordre de 30 % ;

-> le paiement s’effectue en espèces, ce qui est pourtant interdit pour la vente de métaux précieux ;

-> la transparence n’est pas de règle : demande de vente d’objet en Or «déguisée» en prêt sur gage avec engagement irrévocable de vente, poids et titre d’Or non garantis, aucune information sur la fiscalité, description et prix de vente estimé « gonflés » ;

-> la procédure est fastidieuse : longue file d’attente et déplacement physique (à deux reprises) ;

-> la fiscalité n’est pas respectée : outre le paiement en liquide et l’information fiscale qui n’est pas donnée au vendeur, le Crédit Municipal ne reverse pas la taxe sur les métaux précieux alors qu’il doit le faire (il s’agir de vente de lots d’or). Pour une institution à vocation sociale, il est choquant de voir des impôts soustraits. Rien que sur la vente d’Or du 4 février 2013, 8 % de taxes aurait rapporté 25 450 euros à l’État, soit en une seule vente 15 % de l’impôt sur les bénéfices payé par le groupe en 2011 (voir comptes consolidés page 20 ici).

Patrick Schein
Président fondateur de Gold by Gold

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Que la faillite du leader du rachat d’Or aux États-Unis nous serve de leçon !

Il y a une semaine, en pleine rédaction de notre dernier billet sur le Crédit Municipal (voir ici), je tombe sur une dépêche qui est, pour nous, lourde de sens. La société américaine de rachat d’Or la plus connue, Cash4Gold (prononcez « cash-for-gold ») a fait faillite et ses actifs ont été vendus à l’encan (voir ici en anglais).

En quoi cette nouvelle est-elle lourde de sens pour nous ? Parce que Cash4Gold représentait tout ce que nous dénonçons et combattons, à savoir l’exploitation de l’innoncence des consommateurs pour racheter leur Or à vil prix, avec le matraquage publicitaire pour seul argument. Cash4Gold a ainsi dépensé 2,4 millions de dollars (près de 2 millions d’euros) en 2009 pour se payer un spot publicitaire de 30 secondes à la mi-temps du Super Bowl (la finale du championnat de football américain). Cette vidéo, qui mettait en scène, entre autres, le rappeur de renommée mondiale MC Hammer (voir plus bas), a été visionnée plus de 1 million de fois en 24 heures sur le site de la compagnie Britain.

http://www.dailymotion.com/videox8874j

Ce phénomène, nous l’avons connu en France avec des acteurs qui dépensaient des fortunes en campagnes publicitaires et tiraient profit de la méconnaissance des consommateurs. Ils ont aujourd’hui disparu (voir ici par exemple), à l’exception de l’un d’entre eux opérant depuis un micro-État spécialisé dans la finance offshore et champion de « l’optimisation fiscale ». (voir ici et ).

GoldbyGold s’élève depuis des années contre cette exploitation de l’ignorance des gens en matière de rachat d’Or à grand renfort de publicités fallacieuses. C’est ainsi que nous avons, au sein du Syndicat des acheteurs à distance de métaux précieux, créé la première charte déontologique en France sur le rachat d’Or (voir ici), dont les signataires s’engagent, entre autres, à :

-> afficher clairement et actualiser leurs prix d’achat au gramme pour les principales catégories d’objets en métaux précieux ;

-> afficher clairement la liste des frais éventuels qui seront déduits de la valorisation des objets en fonction des prix affichés ;

-> afficher clairement les conditions générales de vente s’il est demandé de les approuver avant validation d’une quelconque demande ;

-> fournir une information claire sur le régime fiscal et le responsable du paiement de la Taxe forfaitaire sur les métaux précieux ;

-> ne pas utiliser dans leurs communications des termes ambigus ou invérifiables, de nature à tromper le consommateur quant à l’origine du service, son auteur, ou ses qualités supposées ;

-> donner clairement la possibilité au client de refuser l’offre qui lui a été faite et de proposer le retour très rapide des objets pour un coût n’excédant pas le coût d’acheminement.

Bref, la Charte oblige ses signataires à être le plus transparent possible vis-à-vis du consommateur. Ses signataires, regroupés au sein du SYADIM, peuvent en afficher le logo symbolisant leur acceptation des règles de bonne conduite, et ainsi se démarquer des sociétés aux pratiques douteuses. Nous avons toujours été convaincus que la stratégie déloyale utilisée par certains ne pouvait perdurer, car Internet ne permet pas de tromper sur la durée.

Aujourd’hui, face à l’opacité du secteur dans son ensemble, comme l’a montré la récente étude de l’INC (disponible ici) – qui conclut que « Le manque manifeste de transparence constaté plaide pour un meilleur encadrement du rachat d’or. » –, Internet devient une vitrine où les acteurs responsables peuvent, en toute clarté, proposer un service fiable et sécurisé, car soumis à la critique des internautes.

Il nous faut tirer les enseignements de la faillite de Cash4Gold. J’invite donc tous les acteurs du rachat d’Or à adopter les pratiques des adhérents du SYADIM, soit : afficher les prix en vitrine, donner des reçus détaillés, informer sur la fiscalité applicable. C’est le seul moyen pour que notre profession perde son image négative et que s’instaure la confiance du consommateur.


Patrick Schein
Président fondateur de Gold by Gold

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Nous avons testé la vente d’Or au Crédit Municipal. Verdict : prix moins compétitifs, procédure fastidieuse, règlement en espèces.

"Chez ma Tante" au 55 rue des francs-bourgeois à Paris

Il y a quelques semaines, un de nos administrateurs me signale que le Crédit Municipal – communément appelé « Chez ma tante » ou «mont-de-piété» – achète directement des objets en Or auprès des particuliers. Cette information me surprend, car, pour avoir déjà assisté à des ventes aux enchères de lots d’Or au Crédit Municipal de Paris (CMP), il s’agit d’un établissement public communal disposant uniquement du monopole du prêt sur gage, ce qui, en conséquence, ne l’autorise à revendre que des objets gagés dont le propriétaire n’est pas en mesure de rembourser l’avance qui lui a été consentie.

Nous en sommes restés là jusqu’à la parution la semaine dernière d’une étude de l’Institut National de la Consommation (INC), disponible ici, qui conclut, entre autres, que « Dans près de 97 % des cas, quel que soit le cours de l’or, les estimations proposées par les « professionnels » [de l’Or] étaient bien en dessous de celles préconisées par les experts [des Crédits municipaux], autrement dit les consommateurs n’en ont pas pour leur « Or ». »

En lisant dans le détail cette enquête, réalisée « en partenariat avec les Crédits municipaux », on apprend que, dans 150 boutiques de rachat d’Or (réparties sur 8 villes) testées pour un même lot de bijoux en Or, le prix moyen proposé se situait à 21 €/g, « contre 28 €/g pour le Crédit Municipal de Paris », soit, pour le commerce de l’Or, une offre tout de même inférieure de 25 % par rapport à Chez ma tante.inflatable rescue boats for sale

À la lecture de ce résultat, je m’interroge encore une fois sur l’impossibilité faite au Crédit Municipal d’offrir un prix d’achat, puisqu’il ne fait que prêter sur gage. De plus, comme à chaque fois qu’une étude ou un article paraît, il est toujours fait mention d’un prix de référence émis par le Crédit Municipal – dans cette enquête, il est précisé : « préalablement expertisé par des spécialistes qualifiés des Monts de piété » –, je ne fais ni une ni deux et décide de vérifier par moi-même.inflatable wet banana boat

Je sélectionne parmi nos objets achetés ce jour trois napoléons (pièces de monnaie frappées dans un alliage composé à 90 % d’Or) que j’entaille à l’aide d’une pince pour qu’ils perdent leur valeur numismatique et ne soient évalués que pour l’Or qu’ils contiennent. Je les pèse sur une balance agréée (19,3 grammes) et effectue une simulation de rachat sur notre site GoldbyGold.com.

Pesée des 3 napoléons

J’obtiens une valeur de rachat de 678,78 € net de frais, avant déduction des taxes.

Simulation du prix de rachat sur GoldbyGold.com

Je me rends Chez ma tante, au 55, rue des Francs-Bourgeois, dans le quartier parisien du Marais.

L’hôtesse d’accueil, nouveau client oblige, m’enregistre dans le fichier en scannant ma pièce d’identité ainsi qu’un justificatif de domicile, et me demande quel est mon statut marital. Quand je lui indique que je désire vendre trois napoléons, elle me répond que cela est possible, mais uniquement à l’issue d’une période de dépôt de 3 mois.inflatable rescue boats for sale Je me fais expliquer plus en détail la procédure et comprends qu’il faut que je demande un prêt sur gage sur au moins 3 mois avant de pouvoir vendre les objets, mais que je peux dès à présent donner ordre de les vendre à la première vente disponible au terme de ces 3 mois. Premier enseignement : la vente immédiate n’est donc pas permise, mais une vente à 3 mois avec une avance immédiate – le prêt sur gage –, l’est.

Je procède donc dans un premier temps au prêt sur gage. Muni de mon numéro, j’attends 15 minutes dans une salle bondée et en travaux avant d’être appelé à un guichet où je remets mes pièces afin qu’elles soient prisées. J’attends ensuite 45 minutes avant d’être convoqué à un autre guichet. Après avoir estimé les 3 napoléons en tant que « débris de pièces de monnaie » pour un poids de 19,3 grammes, la préposée me propose une avance de 300 €. Je lui réclame un montant plus élevé et elle m’accorde un complément de 60 €. J’obtiens donc 360 €, environ 50 % de la valeur de reprise par GoldbyGold.com. Je retourne dans la salle d’attente pour 20 minutes supplémentaires avant d’être appelé une troisième fois, cette fois-ci à la caisse. On me présente mon contrat de prêt sur objet de valeur, dont les conditions précisent une avance sur 12 mois au taux de 6,30 % (pour information, l’Euribor du jour, le taux de référence du marché monétaire, s’élève à 0,627 % à 1 an), auquel il faut ajouter un taux annuel de 3 % de frais. Soit un TEG (taux effectif global) de 9,30 %. Il est intéressant de noter que le taux annuel d’un crédit renouvelable, ou revolving, chez un acteur majeur du marché est, pour 1000 €, de 8 % sur 6 mois et de 12 % sur un an. On peut être légitimement surpris de constater que le Crédit Municipal de Paris, établissement public ayant pour mission de combattre l’usure, affiche à peu de chose près le même taux qu’un crédit revolving à la consommation alors qu’il a un gage, en l’occurrence de l’Or, d’une valeur double de l’avance faite, éliminant ainsi le moindre risque d’impayé !

Je signe le contrat et quelle n’est pas ma surprise en découvrant le moyen de paiement proposé : je reçois les 360 euros en espèces ! Il faut savoir que le règlement en espèces de la vente d’objets en métal précieux est interdit (voir ici). En fait, céder son Or au Crédit Municipal permet de contourner cette loi dans la légalité…

Une fois les billets en poche, je me dirige vers un nouveau service — quatrième guichet et attente —, celui des ventes. Je présente à la charmante dame mon contrat de prêt et lui indique vouloir vendre mes objets. Elle me confirme qu’elle ne peut les inscrire à une vente aux enchères du Crédit Municipal qu’au bout de trois mois de gage, mais que je peux dès à présent donner l’ordre, qui sera irrévocable, me précise-t-elle, de requérir l’Hôtel des ventes du Crédit Municipal de vendre par anticipation. Je lui demande quand je peux espérer encaisser le solde de la vente. J’apprends que la vente aux enchères aura lieu d’ici environ 4 mois et que j’obtiendrai mon règlement 15 jours plus tard.

Je m’enquiers des frais. Elle m’indique qu’ils s’élèvent à 11 % s’il n’y a pas de catalogue lors de la vente, et à 15 % s’il y en a un (c’est le cas pour les ventes de bijoux et de lots d’Or, voir exemple de catalogue disponible ici).

Voilà. Près de deux heures après être entré, je ressors avec une avance en espèces de 50 % de la valeur de l’Or déposé, et la certitude de récupérer le reste dans 4 mois.

Le reste ? Parlons-en. En supposant que le cours de l’Or ne varie pas, combien vais-je récupérer au final ?

Il faut d’abord estimer le prix des débris d’Or en vente aux enchères. Pour les avoir pratiquées, ce sont la plupart du temps des professionnels qui rachètent ces lots. En supposant qu’ils s’accordent une marge de 2 % par rapport au cours du marché, en sachant qu’ils doivent acquitter 14,19 % de frais auprès du commissaire-priseur, et en prenant en compte le cours de l’Or à Londres (42,32 € le gramme, ce jour), le prix de vente de notre lot (un alliage qui contient 90 % d’Or) s’élèverait à 618,17 €.

Voici le détail du calcul :

19,3 grammes x 90 % (pureté) = 17,37 grammes d’Or pur x 42,32 €/g (prix de l’Or à Londres) = 735,10 € – 2 % (marge du professionnel) – 14,19 % (frais acheteur) = 618,17 €

Comme les ventes de lots d’Or sont cataloguées, les frais à la charge de l’acheteur sont, par contrat, de 15 % du « montant de l’adjudication », soit :

618,17 € x 15 % = 92,73 €

À cela, l’acheteur se verra aussi déduire les intérêts et les frais de garde du prêt, soit 0,775 % par mois (le fameux TEG). Étant donné qu’il est stipulé dans les Conditions générales du prêt « tout mois commencé est dû en entier » et que la vente n’a lieu que 4 mois après le prêt, nous avons compté 5 mois d’intérêt et de frais de garde sur le montant prêté soit 13,95€:

360 € x 0,775 % x 5 = 13,95 €

Au final, en supposant qu’il n’y ait pas de frais accessoires, la vente des 3 napoléons rapporterait en net à son propriétaire la somme de 511,49 € :

618,17 € – 92,73 € – 13,95 € = 511,49 €

Un site spécialisé dans le rachat d’Or comme le nôtre en offre le même jour 678,78 € soit 33 % de plus.

Le graphique qui suit nous montre la ventilation de la valeur « brute » de l’Or des 3 napoléons, soit 735,10 € (qui encaisse quoi ?).

DISTRIBUTION DE LA VALEUR DE 3 NAPOLÉONS (qui encaisse quoi ?)


La morale de cette histoire est que les experts du Crédit Municipal, lorsqu’ils évaluent un bien, ne mentionnent pas qu’il faudra déduire en cas de vente, presque 30 % de frais (acheteur + vendeur) et près de 2 % d’intérêt et de frais de garde. Il faut donc comparer des choses comparables (surtout dans un test comparatif…), car le prix d’achat réel n’a rien à voir avec la valeur de l’expertise comme démontré plus haut. De plus, il faut s’interroger sur la destination des frais de vente (30 % du prix). Tombent-ils dans l’escarcelle du Crédit Municipal ou de celles des commissaires-priseurs ? Sur les 224 € de frais déduits au vendeur, seulement 6 % (les 14 € d’intérêts) viennent rémunérer la mission de service public de l’établissement.

En conclusion, le Crédit Municipal est un service précieux, simple, pratique et rapide pour l’activité de prêt sur gage (service public) mais par contre, n’est plus adapté lorsqu’il s’agit de vendre un objet en Or. A chacun son métier; le Crédit Municipal pour le prêt sur gage et le spécialiste de l’Or pour le rachat d’objets en Or. Pour conclure, l’avantage du Crédit Municipal pour vendre de l’Or, si vous avez le temps d’attendre quelques mois pour encaisser le solde de la vente, c’est d’être réglé en espèces, ce qui est interdit aux racheteurs spécialisés.

Patrick Schein
Président fondateur de Gold by Gold

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Rachat d’Or : il est temps de protéger le consommateur !

Un secteur d’activité, terni par certaines pratiques indélicates, ne brille pas toujours par une grande transparence…

© joe raedle

Face à la crise financière et aux attaques contre l’euro, l’Or rejoue son rôle de valeur refuge, d’assurance contre les incertitudes persistantes. Considéré comme un actif sûr, il conforte son attrait pour les investisseurs et a atteint des cours record : 23 % de hausse en un an, 350 % sur 10 ans. Avec cette nouvelle ruée vers l’Or, le précieux métal fait la une des médias, que ce soit à la télévision (voir ici ou ) ou dans la presse nationale (lire ici, ou encore ici). On apprend que la plus grande partie du stock d’Or ne se trouve pas dans les coffres des banques, mais dans les tiroirs des particuliers. Les boîtes à bijoux des Françaises contiennent 10 à 30 fois plus d’Or que les réserves probables de la Guyane française ! Nous l’avons signalé à plusieurs reprises (lire ici, ou encore ici) : les réserves des particuliers (84 000 tonnes d’Or sous forme de bijoux) sont supérieures à celles de l’industrie minière. Puisque la planète atteindra prochainement 7 milliards d’habitants, cela représente 12 grammes par terrien, presque 500 € au cours actuel.

L’extraction de cette mine «hors-sol» est, si elle est bien réalisée, vertueuse. En effet, la valorisation de cette réserve dormante profite à tout le monde :
-> au consommateur tout d’abord. Plus des trois quarts (ou des deux tiers en
tenant compte de la taxe forfaitaire prélevée par l’État) de la valeur de l’Or
contenu dans les bijoux atterrit directement dans le portefeuille des
particuliers puis réinjectée dans l’économie.
-> à l’État. Toute vente de bijoux destinés au recyclage est taxée à hauteur de
8 %.
-> à l’économie. Outre le fait que l’argent récupéré par les vendeurs est en
majorité réinjecté dans l’économie, la collecte de l’Or et son recyclage sont
créateurs de valeur, donc d’emplois et de taxes pour notre pays.
-> à l’environnement enfin. Quoi de plus écoresponsable que de recycler son
Or quand on sait les nuisances générées (lire ici) pour obtenir un bijou
contenant 20 grammes d’Or issu de l’industrie minière ?

Oui, le recyclage de l’Or est vertueux, du moins devrait l’être. Car il s’effectue actuellement dans notre pays trop souvent au détriment du consommateur. En effet, les stocks importants et les cours toujours plus élevés ont attiré sur ce marché des acheteurs peu scrupuleux. Ces acteurs – qui opèrent depuis l’étranger tout en affichant parfois une mention « gestion française » qui est sans valeur – pratiquent un recyclage déloyal. Comment qualifier autrement le matraquage à coup de campagnes publicitaires qui jouent sur l’ignorance du consommateur ? La promesse de gains fructueux (sans préciser les tarifs appliqués) débouche en fait sur une proposition de prix dérisoire. Cette absence de tarifs s’explique par le prix d’achat ridiculement bas.

Ces pratiques discréditent notre profession aux yeux du public et des autorités, et ternit l’image de ceux qui font leur métier dans le respect du consommateur. C’est pourquoi nous avons été à l’origine d’une charte déontologique (la CADIM) signée aujourd’hui par 5 acteurs de la profession. Les règles, simples, sont un gage de respect du consommateur :
1- strict respect de la règlementation sur les métaux précieux ;
2- transparence des prix : affichage et simulateur ;
3- aucun paiement effectué sans avoir recueilli une acceptation d’une offre
d’achat préalable (l’équivalent d’un devis en quelque sorte) ;
4- récupération immédiate des objets en cas de refus de l’offre d’achat.

Cette initiative, qui n’engage que ceux qui le veulent bien, doit être imposée par le législateur à l’ensemble de la profession pour informer et protéger le consommateur. Cette semaine se présente justement une occasion historique de le faire : à compter du 28 septembre, le projet de loi sur la consommation sera débattu à l’Assemblée nationale (lire ici ou ). C’est l’occasion unique de réguler ce secteur en protégeant les vendeurs qui sont en droit de récupérer le juste prix de leur Or. J’invite donc nos parlementaires à instaurer des règles simples qui consistent à exiger que l’acheteur soit domicilié sur notre territoire, que toute intrusion non sollicitée (pub TV, achat itinérant) soit assimilée à du démarchage, que les prix soient clairement affichés et qu’avant tout paiement le vendeur ait donné son consentement sur la chose et le prix.

L’Or est au plus haut, les stocks de bijoux également : profitons du calendrier législatif pour rendre ce recyclage vertueux, pour le bénéfice de tous !

Patrick Schein
Président fondateur de Gold by Gold

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La Charte déontologique de la profession voit le jour !

Il y a moins de deux mois, Gold by Gold proposait à la profession un projet de Charte déontologique avec pour objectif de protéger le consommateur dans un secteur en pleine expansion où certains acteurs tirent avantage de l’ignorance des consommateurs sur la réelle valeur de leurs objets en Or.

Le 11 juillet 2011, à Paris, après avoir soumis à une lecture critique le texte proposé à la profession puis recueilli et intégré ses observations, deux acteurs historiques du recyclage de l’Or sur internet ont rejoint Gold by Gold pour signer la Charte déontologique des Achats à DIstance de Métaux précieux (CADIM) et s’engager ainsi à protéger les consommateurs. Cette charte est une première européenne et traduit la volonté des signataires de promouvoir ce mode de collecte qui permet une traçabilité totale, mais aussi la transparence et un prix compétitif, souvent plus élevé que ceux pratiqués dans les réseaux d’agences, notamment en dehors des grandes agglomérations.

Les signataires de la Charte pourront afficher sur leur site et matériel promotionnel un logo spécialement créé que voici :

Nous nous félicitons de la création de cette Charte et invitons tous les acteurs de la profession à la signer au plus vite.

Bonne semaine à tous.Air Blower

Patrick Schein
Président fondateur de Gold by Gold

Charte Déontologique des Achats à Distance de Métaux Précieux – CADIM

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Recyclage de l’Or : l’exemple à suivre !

Cela fait maintenant plusieurs années que je milite pour faire évoluer l’image du recyclage de l’Or. En effet, le rachat d’Or est une activité à l’image assez déplorable : exploitation de la détresse des gens, pratiques douteuses, marché parallèle, opacité de la filière, etc. Nombre de mes interlocuteurs se montrent suspicieux lorsque je leur explique le métier que nous pratiquons. Depuis plus de 25 ans, nous rachetons de l’Or et l’affinons avant de le réinjecter dans les filières industrielles. Depuis longtemps, j’insiste sur le fait que nous ne faisons pas qu’acheter de l’Or, nous le recyclons également, ce qui présente le double avantage de favoriser les circuits courts (au nombre d’intermédiaires réduit) et de minimiser l’impact environnemental.

Aujourd’hui, à la lecture de deux études récentes — l’une du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) sur le recyclage des métaux, l’autre du World Gold Council (le syndicat des grands groupes miniers aurifères) sur les statistiques du recyclage de l’Or en 2010 —, il est manifeste que le recyclage de l’Or peut servir de modèle dans un monde où la demande en métaux n’est plus supportable si le taux de recyclage ne s’améliore pas. L’étude du PNUE classe l’Or comme le deuxième métal le mieux recyclé. Avec un taux de recyclage proche de 80 %, l’Or montre la seule voie soutenable pour faire face à l’augmentation de la demande mondiale en métaux. En effet, toujours selon cette étude, si la population des pays émergents venait à consommer autant de métaux que celle des pays industrialisés, il faudrait entre 3 à 9 fois plus de métaux que tous ceux extraits depuis l’âge de bronze ! Depuis un siècle, alors que la croissance économique a progressé d’un facteur 18, le volume de minerais et de minéraux extraits a lui été multiplié par 27. Car, depuis 6 000 ans, l’homme ne peut pas se passer des métaux. Le développement économique est intimement lié à leur utilisation : sans aluminium, pas de moteur ni d’avion ; sans cuivre, pas d’électricité ; sans fer, plus d’automobiles ; sans plomb ou lithium, adieu les batteries et la mobilité ; sans métaux précieux, terres rares ou cuivre, plus d’électronique ! Mais l’épuisement accéléré des ressources non renouvelables – ce qui concerne les métaux – combiné à l’empreinte environnementale toujours plus importante pour exploiter les dernières réserves ne laisse pas le choix. Pour continuer à répondre aux besoins de l’humanité tout en limitant l’impact sur la planète (particulièrement le réchauffement climatique), la seule solution est l’adoption à l’échelle mondiale d’une société du recyclage. Comment faire alors ?

Avant tout, il nous faut penser aux retombées environnementales dès la conception des produits, soutenir les systèmes de gestion des déchets dans les pays en développement et inciter les ménages des pays développés à ne pas laisser leurs vieux appareils électroniques dans les tiroirs (stocks dits « hibernants »). Car les métaux peuvent être réutilisés à maintes reprises, voire à l’infini, ce qui permet de réduire le recours à l’extraction minière et d’économiser ainsi d’importantes quantités d’énergie et d’eau, tout en réduisant la dégradation de l’environnement. Le développement du recyclage dans le monde peut donc contribuer à la transition vers une économie verte fondée sur de faibles émissions de carbone (l’extraction à elle seule représente actuellement 7 % de la consommation énergétique mondiale) et à une utilisation limitée des ressources, tout en favorisant la création d’emplois verts. L’ère des minerais et métaux bon marché et facilement accessibles arrive à son terme : il faut déplacer trois fois plus de matériaux pour extraire la même quantité de minerai qu’il y a un siècle, avec la dégradation des sols, de la qualité de l’eau et la consommation d’énergie et d’eau que cela entraîne.

C’est là où le recyclage de l’Or devient exemplaire. Son prix élevé et la forte demande expliquent sa position à la pointe du recyclage. Lorsqu’on étudie de près les données statistiques, dans les domaines économique et écologique, les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Regardons d’abord l’empreinte environnementale de son extraction industrielle (qui représente environ 90 % de son exploitation minière). L’un des premiers groupes miniers aurifères publie des chiffres affolants (ce sont les seuls exploitables, car il s’agit d’un groupe n’extrayant que de l’Or, contrairement à d’autres qui publient des données regroupant différents métaux). Ainsi, en 2010, un kilogramme d’Or (équivalant à une cinquantaine de colliers en Or 18 carats) produit par ce groupe a nécessité ou généré :
l’extraction de plus de 1 000 tonnes de minerai ;
le broyage de près de 6 000 tonnes de minerai ;
la formation de 2 000 tonnes de déchet minier ;
la consommation de 2,3 millions de litres d’eau ;
le rejet dans l’atmosphère de près d’une tonne d’oxyde de souffre (responsable des pluies acides) ;
le rejet dans l’atmosphère de 27 grammes de mercure et de 22 grammes d’arsenic ;
la consommation de 238 kilogrammes de cyanure ;
le rejet de 1,3 litre de cyanure ;
l’utilisation de 48 kilogrammes de pneus ;
l’émission de 23 tonnes de Gaz à Effet de Serre !
Ces chiffres sont alarmants et le recyclage, en évitant toutes ces nuisances, est donc un acte écologique.

Mine d'Or en Australie © J. Ghossein


Passons aux données économiques. Ce même groupe, qui ne génère « que » 35 000 emplois, dégage une marge de 70 %. Concrètement, pour chaque once (environ 31 grammes) vendue, le bénéfice est supérieur à 1 000 dollars, alors que, dans le même temps, seulement 26 dollars sont payés en redevances et en taxes de production aux états qui possède la ressource non renouvelable. Pas très équitable comme pratique et surtout non durable…

Étudions maintenant la répartition et l’importance des stocks mondiaux. Là encore, les chiffres impressionnent : 167 000 tonnes de stock, dont la moitié sous forme de bijoux et plus des deux tiers aux mains des particuliers — ce qui en fait un des rares marchés non contrôlables par les états ou un quelconque oligopole (marché caractérisé par un petit nombre de vendeurs qui s’entendent et ne font pas jouer la concurrence, tels les opérateurs de téléphonie mobile en France). Ce stock, qui représente plus de 60 années de production minière, est supérieur aux réserves non encore exploitées dans le sous-sol, évaluées à 20 années de production minière. Il y a aujourd’hui plus à exploiter dans le stock hibernant que dans les réserves non encore extraites ! Il suffirait d’en recycler moins de 2 % supplémentaires annuellement pour pouvoir se passer de son extraction ! De plus, l’offre minière ne satisfait pas la demande ; le recyclage est donc impératif pour équilibrer le marché.

Enfin, pour le recyclage, l’Or est champion ! Encore une fois, les chiffres sont éloquents. Ainsi, en France, on a recyclé 30 tonnes d’Or en 2010 : 10 fois la production de la Guyane française. Alors que l’Europe ne produit pratiquement plus d’Or par extraction (17 tonnes en 2010), le recyclage du précieux métal placerait l’Italie et le Royaume-Uni dans les dix premiers producteurs miniers ! La France et l’Espagne, qui n’extraient pas d’Or sur le Vieux Continent, se situeraient au 20e rang. Jamais la France et l’Europe n’ont produit autant d’Or, et ce sans mine à ciel ouvert, mais par l’exploitation d’un nouveau filon. La nouvelle mine d’Or se trouve dans les boîtes à bijoux des Français ! Cette mine d’un nouveau genre mérite d’être exploitée, car elle peut aujourd’hui valoir un prix souvent supérieur à son prix d’achat. De plus, en recyclant cet Or, tout le monde y gagne. Le consommateur, car il détient 70 % des stocks mondiaux et peut, pour une fois, profiter de la flambée des cours des matières premières. L’économie, car en recyclant localement cet Or, des emplois sont créés — les fameux emplois verts dont parle le rapport du PNUE —, des taxes prélevées (8 % de taxes en France, contre 2 % de redevances pour les grands groupes miniers) et l’argent issu d’un stock hibernant réinjecté dans l’économie. Et l’environnement, car cette mine « anthropogénique » — créée par l’être humain — permet de réduire notre dépendance vis-à-vis de l’extraction minière industrielle qui génère une empreinte environnementale extrêmement forte sans pour autant amener la prospérité dans les pays où la ressource est prélevée.

Or recyclé Gold by Gold


Nous sommes donc bien loin de l’image d’Épinal de l’acheteur d’Or exploitant la misère du monde. Notre secteur montre aujourd’hui la voie pour instaurer une économie du recyclage dans nos sociétés qui vont devoir arrêter de prélever tant de ressources non renouvelables. Si tous les métaux étaient aussi bien recyclés que l’Or, nous pourrions envisager beaucoup plus sereinement l’avenir de notre planète, donc notre propre avenir. Augmenter le taux de recyclage contribue à une transition vers une économie plus soutenable, à de plus faibles rejets néfastes et à créer des emplois verts. Le recyclage, c’est notre mine d’Or du xxie siècle !

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Gold by Gold propose un projet de Charte déontologique à la profession

Bonjour à tous.
Depuis quelque temps, notre profession est mise à mal dans la presse en raison de certaines pratiques d’acteurs qui tirent avantage de l’ignorance des consommateurs sur la réelle valeur de leurs objets en Or. Face à ce phénomène, nous avons pris l’initiative de rédiger un projet de Charte déontologique, ou guide des bonnes pratiques, que nous désirons soumettre à la profession. Ce texte est une base de départ pouvant être améliorée par tous ceux qui veulent adhérer à la Charte. Nous la rendons publique et appelons tous nos confrères à la commenter et à proposer des corrections afin qu’au 30 juin 2011 les entreprises intéressées puissent l’adopter.
Bon week-end à tous chong qi you yong chi.

Patrick Schein
Président fondateur de Gold by Gold

Charte V0

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La communauté se mobilise contre certaines pratiques du secteur !


Depuis la publication, en décembre 2010, de notre billet “ Halte aux arnaques ! ”, la communauté se mobilise contre les pratiques douteuses de ces officines qui profitent de l’ignorance des consommateurs français, leur fait prendre des risques en ne les informant pas qu’ils sont redevables d’une taxe sur les métaux précieux et les arnaquent purement et simplement — pour preuve, le doublement de l’offre d’achat après un premier refus.

Bref, quatre mois après avoir poussé notre coup de gueule contre les arnaqueurs sur le net, il est rassurant de voir que l’information se propage sur Internet.

Surtout, n’oubliez pas les règles d’Or à suivre sur Internet qui reste l’endroit où vous trouverez les meilleurs prix de rachat d’Or :
1- les prix doivent être clairement affichés;
2- la société doit située en France.
En cas de doute, n’hésitez pas à interroger les forums et à parcourir les avis.

Merci et à très vite.

Patrick Schein
Président fondateur de Gold by Gold

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Gold by Gold lance les Gold by Gold Party !

Gold by Gold Party

Les Gold by Gold arrivent en France !
Grâce à ce nouveau canal privilégiant la convivialité et la sécurité, revendre son Or directement de chez soi devient possible.
Vous voulez en savoir plus ou devenir organisatrice: East Inflatable Rentals

A très vite !

Patrick Schein
Président fondateur de Gold by Gold

photo party

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4000 mercis à nos Goldissimo 2010 !


Ces quelques lignes pour formuler nos meilleurs vœux pour l’année qui s’annonce, et surtout remercier les 4000 possesseurs de Goldissimo qui nous ont fait confiance en 2010 et qui ont fait de Gold by Gold le leader incontesté de l’achat d’Or sur internet.

Pour accompagner la nouvelle année, nous avons voulu remercier chacun des détenteurs de Goldissimo. Grâce à la technologie offerte par Google Maps, nous avons «géolocalisé» chacune des communes où nous avons fait parvenir notre fameuse enveloppe sécurisée*.
Pour vous visualiser ou ceux qui résident près de chez vous, il vous suffit de cliquer sur votre région dans la liste ci-dessous et de naviguer ensuite pour explorer la carte des Goldissimo :
Alsace, Aquitaine (24+33, 40+47+64) , Auvergne, Basse-Normandie, Bourgogne, Bretagne, Centre, Champagne-Ardenne, Corse, Franche-Comté, Haute-Normandie, Île-de-France (75, 77, 78, 91, 92, 93, 94, 95), Languedoc-Roussillon (11+30+34, 48+66) , Limousin, Lorraine, Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais, Pays de la Loire, Picardie, Poitou-Charentes, Provence-Alpes-Côte d’Azur (04+05+06+98, 13, 83+84), Rhône-Alpes (01+07+26+69, 38+42+73+74).

Toute l’équipe de Gold by Gold se joint à moi pour vous présenter nos meilleurs vœux pour l’année 2011, que nous vous souhaitons la plus GOLDISSIMA possible Nowra !

(*) les repères géographiques correspondent uniquement au code postal et à la commune. Les adresses n’ont pas été prises en compte ni « géolocalisées », et les repères ont été placés automatiquement par le logiciel Google Maps dans la commune correspondante.

Patrick Schein
Président fondateur de Gold by Gold

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