Rachat d’Or : il est temps de protéger le consommateur !

Un secteur d’activité, terni par certaines pratiques indélicates, ne brille pas toujours par une grande transparence…

© joe raedle

Face à la crise financière et aux attaques contre l’euro, l’Or rejoue son rôle de valeur refuge, d’assurance contre les incertitudes persistantes. Considéré comme un actif sûr, il conforte son attrait pour les investisseurs et a atteint des cours record : 23 % de hausse en un an, 350 % sur 10 ans. Avec cette nouvelle ruée vers l’Or, le précieux métal fait la une des médias, que ce soit à la télévision (voir ici ou ) ou dans la presse nationale (lire ici, ou encore ici). On apprend que la plus grande partie du stock d’Or ne se trouve pas dans les coffres des banques, mais dans les tiroirs des particuliers. Les boîtes à bijoux des Françaises contiennent 10 à 30 fois plus d’Or que les réserves probables de la Guyane française ! Nous l’avons signalé à plusieurs reprises (lire ici, ou encore ici) : les réserves des particuliers (84 000 tonnes d’Or sous forme de bijoux) sont supérieures à celles de l’industrie minière. Puisque la planète atteindra prochainement 7 milliards d’habitants, cela représente 12 grammes par terrien, presque 500 € au cours actuel.

L’extraction de cette mine «hors-sol» est, si elle est bien réalisée, vertueuse. En effet, la valorisation de cette réserve dormante profite à tout le monde :
-> au consommateur tout d’abord. Plus des trois quarts (ou des deux tiers en
tenant compte de la taxe forfaitaire prélevée par l’État) de la valeur de l’Or
contenu dans les bijoux atterrit directement dans le portefeuille des
particuliers puis réinjectée dans l’économie.
-> à l’État. Toute vente de bijoux destinés au recyclage est taxée à hauteur de
8 %.
-> à l’économie. Outre le fait que l’argent récupéré par les vendeurs est en
majorité réinjecté dans l’économie, la collecte de l’Or et son recyclage sont
créateurs de valeur, donc d’emplois et de taxes pour notre pays.
-> à l’environnement enfin. Quoi de plus écoresponsable que de recycler son
Or quand on sait les nuisances générées (lire ici) pour obtenir un bijou
contenant 20 grammes d’Or issu de l’industrie minière ?

Oui, le recyclage de l’Or est vertueux, du moins devrait l’être. Car il s’effectue actuellement dans notre pays trop souvent au détriment du consommateur. En effet, les stocks importants et les cours toujours plus élevés ont attiré sur ce marché des acheteurs peu scrupuleux. Ces acteurs – qui opèrent depuis l’étranger tout en affichant parfois une mention « gestion française » qui est sans valeur – pratiquent un recyclage déloyal. Comment qualifier autrement le matraquage à coup de campagnes publicitaires qui jouent sur l’ignorance du consommateur ? La promesse de gains fructueux (sans préciser les tarifs appliqués) débouche en fait sur une proposition de prix dérisoire. Cette absence de tarifs s’explique par le prix d’achat ridiculement bas.

Ces pratiques discréditent notre profession aux yeux du public et des autorités, et ternit l’image de ceux qui font leur métier dans le respect du consommateur. C’est pourquoi nous avons été à l’origine d’une charte déontologique (la CADIM) signée aujourd’hui par 5 acteurs de la profession. Les règles, simples, sont un gage de respect du consommateur :
1- strict respect de la règlementation sur les métaux précieux ;
2- transparence des prix : affichage et simulateur ;
3- aucun paiement effectué sans avoir recueilli une acceptation d’une offre
d’achat préalable (l’équivalent d’un devis en quelque sorte) ;
4- récupération immédiate des objets en cas de refus de l’offre d’achat.

Cette initiative, qui n’engage que ceux qui le veulent bien, doit être imposée par le législateur à l’ensemble de la profession pour informer et protéger le consommateur. Cette semaine se présente justement une occasion historique de le faire : à compter du 28 septembre, le projet de loi sur la consommation sera débattu à l’Assemblée nationale (lire ici ou ). C’est l’occasion unique de réguler ce secteur en protégeant les vendeurs qui sont en droit de récupérer le juste prix de leur Or. J’invite donc nos parlementaires à instaurer des règles simples qui consistent à exiger que l’acheteur soit domicilié sur notre territoire, que toute intrusion non sollicitée (pub TV, achat itinérant) soit assimilée à du démarchage, que les prix soient clairement affichés et qu’avant tout paiement le vendeur ait donné son consentement sur la chose et le prix.

L’Or est au plus haut, les stocks de bijoux également : profitons du calendrier législatif pour rendre ce recyclage vertueux, pour le bénéfice de tous !

Patrick Schein
Président fondateur de Gold by Gold

  • Share/Bookmark
You can skip to the end and leave a response. Pinging is currently not allowed.

Répondre